A l'élevage des Nouettes, nous "fabriquons" nous-même notre foin. C'est mon grand-père (Michel) qui est maître des opérations et ce depuis toujours. La confection du foin se déroule en plusieurs étapes, quatre précisément chez nous. Tout d'abord, à l'aide de son fidèle tracteur et d'une faucheuse, Michel coupe l'herbe dans plusieurs champs où elle est haute et riche. La plupart du temps, le lendemain, il "fane" c'est-à-dire qu'avec une machine spéciale (appelée faneuse) il retourne l'herbe fraichement coupée pour la faire sécher. Il répète à plusieurs reprises cette opération, minimum 1 fois par jour pendant 3 ou 4 jours suivants les conditions météorologiques, car il est évident que lorsque le soleil brille, l'herbe sèche plus vite. Le foin est donc obtenu grâce à cela. La troisième étape consiste à aligner le foin en rang avec un "andaineur" qui se tracte toujours avec un tracteur, ainsi la machine rassemble le foin en plusieurs rangées. La dernière étape se fait généralement dans la foulée de la troisième, il s'agit du "bottelage", toujours grâce à une machine spécifique (botteleuse), le foin est assemblé en plusieurs bottes rectangulaires que nous appelons "balles de foins". Jusque là, c'est mon grand-père seulement qui s'est occupé de cette confection puisque toutes les étapes se font à l'aide d'un tracteur et des différentes machines. Maintenant que les balles sont faites, il faut les ramasser pour les mettre à l'abri et c'est ici que plusieurs personnes doivent intervenir. Pour cette récolte, nous avons rentré les 420 bottes de foins en une après midi car, il annonçait de la pluie pour le lendemain. Il a donc fallu être efficace et ne pas perdre de temps. L'idéal est d'être au minimum cinq pour être rapide. Il faut une personne qui conduise le tracteur, deux personnes pour lancer les balles dans la remorque, et deux personnes dans la remorque pour les"tasser" et alterner le sens des balles au fur et à mesure des rangées. Tout le monde doit être concentré, moi je conduisais le tracteur, et j'avais intêret à aller doucement parce que plus il y a de balles dans la remorque, plus les rangées augmentent et plus les deux personnes de la remorque montent d'un cran pour toujours être au-dessus du foin, ce qui fait qu'elles se retrouvent parfois très haut. D'autant plus que lorsqu'il faut s'arrêter parce qu'il y a trop de bottes de foin à ramasser, il faut avoir une force presque herculéenne pour appuyer sur la pédale d'embrayage. Par contre lorsqu'on me dit de repartir, il faut relâcher l'embrayage en douceur si on ne veut pas faire tomber les balles de foins et surtout les deux personnes qui sont là haut. Chaque rôle est donc important. Pour lancer les bottes dans la remorque, il faut beaucoup de force et c'est pour cela que c'est toujours des hommes qui s'y collent qui les envoient à l'aide d'une fourche. Lorsque la remorque est pleine et qu'il serait trop risqué de faire ne serait-ce qu'une autre rangée en hauteur, on rentre tous au "Hangar" pour décharger le foin qui implique tout autant d'énergie et de bonnes mains pour porter ou/et lancer les balles. Cela nécessite une organisation puisqu'il a fallu les ajouter aux autres déjà présentes et donc implique un rangement en hauteur, parfois à plusieurs mètres, deux personnes dans la remorque envoient les balles à deux autres qui les tassent au-dessus des précédentes. Le climat familial de notre élevage est donc idéal pour fabriquer nous-même notre foin, selon les disponibilités de chacun, ce n'est jamais la même équipe qui se prête au ramassage, mais il se fait toujours dans la convivialité.
Par Manon Allix.
Nous ne faisons pas de foin dans tous les champs, seulement dans les plus plat autour du site de l'élevage. Les autres nécessitent plus d'entretien. Nous avons la chance de bénéficier d'une grande colline sur la commune de Surtainville, où de grands champs pentus avec vue sur la mer sont, certes idéales pour nos poneys, mais difficiles d'entretien et peu adaptés pour un tracteur. C'est pourquoi, mon père a fait l'acquisition d'un quad utilitaire et d'un broyeur spécial avec qui il est simple d'éliminer les mauvaises herbes. Coupées, ces herbes font ensuite un très bon engrais naturel et le Quad devient un outil agréable, qui distrait même nos poneys!